Projet beyond Seeing à Berlin : Jour 2

Bonjour à tous, comment allez-vous ?

Je reviens vers vous pour vous raconter la suite de mon séjour à Berlin des 11 et 12 octobre derniers. Pour un petit rappel de la première journée, c’est par ici !

Le Deuxième jour, je me suis donc réveillée à « l’hôtel » Regenbogen Fabrik. J’ai pu prendre un petit déjeuner à la « cantine » (ou plutôt une sorte de salle comune). Il y avait du café et du thé (j’ai pris un thé à la menthe) et possibilité de manger du pain (blanc ou gris) avec du fromage ou confiture/chocolat/charcuterie. J’ai opté pour une tranche de fromage. Après avoir rendu les clés de ma chambre, les draps, la serviette de bain et après avoir laissé mon bagage à la réception, j’ai retrouvé Lydia, Typhaine et Katharina pour nous rendre à la Berlinische Galerie, histoire de visiter une expo d’art accessible aux déficients visuels. Ce projet a été porté, de nouveau, par Reiner Delgado, qui travaille pour la DBSV, l’association allemande pour les aveugles et malvoyants.  L’exposition se compose d’oeuvres contemporaines de styles très différents. 

Ceci n’est qu’une partie d’une oeuvre qui se composait de cinq tableaux (je crois). Une femme est représentée, nue et debout, comme en lévitation, au dessus de feuillages. Elle a la tête enfouie entre ses bras. Derrière elle, une sorte de petite spirale incandescente et rougeoyante éclaire la scène.

Nous avons pris un bus et je tiens à souligner que les arrêts sont annoncés vocalement, à Berlin. C’est sympathique, mais si cela pouvait être plus audible, ce serait bien plus pratique. Nous sommes donc arrivées à bon port et nous avons retrouvé Timo, Sonja et Reiner pour la visite. La Berlinische Galerie vient apparemment d’être rénovée, et, franchement, c’est un bel endroit. Moderne mais pas « too much », on s’y sent bien. Des marques tactiles (lignes et pointillés disposés en carrés) permettent aux personnes déficientes visuelles de se situer dans la galerie, guidées par une application nommée sobrement Berlinische Galerie, qui indique le chemin et décrit les tableaux (sept au total, je pense) adaptés pour elles. L’application fonctionne également comme un audio-guide classique pour personnes « voyantes ». Un grand nombre d’oeuvres ont attiré mon regard, mais impossible de les adapter toutes, n’est-ce pas ?

Repères tactiles au sol pour les déficients visuels

Quand je dis « adapter », en fait, il s’agit de tableaux présents « normalement » et physiquement dans l’exposition, et qui sont reproduits, un peu plus loin, à l’horizontal (sauf l’un d’entre eux, vertical) dans un socle, en relief. Parfois, il y a des matières comme du tissus, du velours, ou du carton, qui facilitent l’exploration tactile du tableau. Parfois, c’est « juste » du relief dans une seule matière. Mais franchement, c’est impressionnant, c’est très bien conçu. Reiner nous en parle avec passion et les « voyants » ont pris plaisir à découvrir ces oeuvres par le toucher, les yeux bandés, avant d’ôter les bandeaux et de se rendre compte que ce qu’ils ont perçu est souvent très éloigné de la véritable peinture. C’était enrichissant, je n’ai pas vu le temps passer et les autres tableaux de l’exposition étaient plaisants à voir.

Reiner Delgado décrit le tableau à Katharina Scriba qui a, quant à elle, les yeux bandés.

Ma collègue blogueuse Typhaine parcourt un tableau du bout de ses doigts, dont on peut voir l’original juste derrière elle.

L’original et la miniature en relief côtes à côtes.

Après un lunch dans le restaurant attenant à la Galerie (j’ai pris un poulet au lait de coco et citron avec des pommes de terres, si vous voulez tout savoir), nous nous sommes rendus dans un magasin un peu particulier. Au Pick&Weight Kilo Store, on achète des vêtements de seconde main  au kilo. Un kilo de t-shirts est égal à un certain montant, par exemple. Les vêtements sont rangés par couleur ou par imprimé, en général. il y avait aussi des chaussures, des ceintures, des sacs, des boucles d’oreilles.

Affiche présente à l’entrée du magasin décrivant son fonctionnement. On y vend, au kilo, des vêtements pour homme, femme, des magazines, des vinyles, du café équitable et des pièces d’art.

Après avoir discuté un peu de la façon dont les personnes déficientes visuelles choisissent leurs vêtements (couleur perçue ? Texture ? Coupe ? Je vous ferai un petit article sur ma façon de procéder, si vous voulez), nous avions la possibilité de faire un peu de shopping. Mais, honnêtement, je n’ai rien pu trouver car il y avait simplement trop de choix et les vêtements étant rangés par couleur et:ou fort serrés car très nombreux, je ne parvenais pas à faire sortir quelque chose du lot.

C’est sur cette note que nous nous sommes doucement quittés. les uns rentraient en bus ou en train, les autres avaient un avion à prendre dans deux aéroports différents. Mon avion de retour fut un peu retardé, mais dans l’ensemble, ça a été.

Encore un immense merci à L’Institut Goethe de m’avoir invitée à prendre part à ce formidable projet, dont l’aboutissement est prévu en janvier 2018, lors d’une exposition à Paris. Si tout va bien, j’y serai et je vous raconterai tout !

En espérant que cet article vous a plu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*